ICN en 1ère ES : fin de la première séquence, première évaluation

N’était cette flemme incorrigible, j’écrirais davantage sur cette nouvelle année. D’autant qu’elle a de remarquable le fait que, pour la première fois, j’ai un groupe d’élèves en 1ère ES, des élèves sous ma responsabilité, qui ont choisi l’option ICN (Informatique et Création Numérique) et que j’ai mission de conduire vers les sommets pour le Bac 2019, un oral coef. 2.

Donc pas des élèves que j’ai forcé à venir entre deux séances d’AP. Donc pas avec des profs légèrement récalcitrant à qui j’aurais volé quelques heures de cours. LE projet que je mûris depuis plusieurs années et qui voit enfin le jour ; sans l’option ICN, officielle désormais et légalisée par les hautes sphères de Grenelle, je n’étais pas loin de jeter l’éponge. En tant que Doc, voire plus.

Elles sont donc 8, c’est peu mais c’est mieux que rien. Et puis 8 élèves, quand des collègues en ont 35 en classe… ce luxe, je te raconte pas. Elles, car mon effectif est féminin. La preuve que mon discours qui mettait l’accent sur la « culture numérique » et minimisait un tantinet les aspects techniques a fonctionné. Aucun geek issu de l’année de Seconde et de l’enseignement d’exploration ICN, juste des filles « curieuses », là pour « découvrir » (cf. premier cours, petite discussion pour délier les langues… et évaluer leurs connaissances) tant les aspects « sciences humaines » du numérique, que ses dimensions techniques.

Alors OK, allons-y gaiement. Jeudi dernier s’est achevée la première séquence ; un mini projet pour se dérouiller les méninges et poser quelques bases… qu’elles n’avaient absolument pas. L’objectif : ancrer leurs usages dans le temps et l’espace. Concrètement : s’emparer d’un corpus documentaire sobre, et positionner sur une frise chronologique les principales étapes de l’histoire de l’informatique, d’internet et du Web. Trois groupes (2 + 3 + 3), trois angles éditoriaux : les grandes innovations techniques ; les principaux organismes, sites, etc. ; les personnalités qui ont fait l’histoire.

Depuis la rentrée, elles se sont donc coltinées…

  • Des pratiques de travail collaboratif (partage de document, travail simultané et organisation indispensable)
  • L’utilisation de Google Drive, et des outils qui vont avec : Doc en tant que document(s) de collecte (infos, URL, idées, etc.), et Sheet pour la création de la frise via le modèle de base fourni par le site Knightlab.
  • La publication de leurs frises ; d’abord en ligne (et c’est tout sauf évident, tant dans le fond que dans la pratique), puis sur le site de l’établissement, quand j’aurais fini de corriger l’orthographe (publication prévue pour 2021…)
  • Un aperçu roboratif d’informations techniques ; de l’ENIAC au dernier Galaxy Note, du protocole TCP/IP au HTML , des processeurs au Datagramme, etc.
  • Une playlist XXL de noms propres ; de Vannevar Bush à Lawrence Lessig, de Louis Pouzin à Mark Zuckerberg, de Robert Noyce à Jack Dorsey, de Steward Brand à Richard Stallman…
  • Une palanquée de noms de sites et d’organisme ; de l’ICANN au W3C, de AltaVista à Google, de la DARPA à l’Electronic Frontier Foundation, de Stanford à… la contre culture hippie du Summer of love 67 :)
  • Mes histoire de vieux schnock qui a découvert le Web en 1997 et qui en a fait un temps son métier comme journaliste dans la presse informatique, internet et multimédia.

Bref, autant dire que le menu était copieux. Peut-être même indigeste. Pour autant, leurs frises sont de qualité, et au-delà de ça, l’implication qu’elles y ont mis me fait espérer de belles choses pour le gros morceau qui les attend. Je craignais qu’elles peinent à finir le premier corpus documentaire (un texte écrit par mes soins, ainsi que quelques sites repères) ; elles sont allées jusqu’à essorer ma liste B, celle que je ne sors jamais, celle où se cachent des noms improbables, des sites disparus, des technologies ô combien obsolètes. Elles ont bien travaillé, et c’est un bonheur de prof doc. De prof tout court.

Je leur ai soumis une évaluation ; si vous voulez vous y frotter (ou simplement voir à quoi elle ressemble), elle est là. J’ignore encore si la note comptera dans le bulletin, on verra avec le prof principal ; ce n’est pas le plus important. L’ensemble est assez moyen et les aspects techniques moins fixés que les volets sociaux et économiques (après tout, elles sont en 1ère ES, rien d’anormal). Je vais tâcher de faire en sorte qu’elles n’abandonnent pas le terrain de la technique, qui compte beaucoup dans la note, selon le BO et les critères d’évaluation de l’option au Bac. Mais quels progrès dans les connaissances !…

Parce que oui, cela m’importe, avant d’aller plus loin, qu’elles sachent qui sont Louis Pouzin, Vinton Cerf et Tim Berners-Lee, qu’elles fassent (encore difficilement) la différence entre Internet et Web, qu’elles identifient le changement de paradigme entre le Web des pages des années 90 et celui des profils de l’après Web 2.0, ou encore qu’elles comprennent le fonctionnement sommaire du modèle économique de Facebook, Google et Amazon. Juste les bases, on aura le temps de creuser.

D’autant que nous allons passer à du costaud après la rentrée des vacances de la Toussaint, avec le module « Création de sites Web ». Au menu, découverte du HTML 5, puis du CSS 3, avec des sujets de « culture numérique » comme support :

  • L’écosystème d’Amazon menace-t-il nos libertés individuelles ? (aussi sujet de TPE)
  • La neutralité du Net est-elle en danger ?
  • L’économie de l’attention
  • Les données personnelles, comment fonctionne Facebook ?

10 séances, minimum. Soit 20 heures. Je sais déjà que cela sera trop peu. Aller plus loin ? Ce serait prendre le risque de les user. Se contenter du seul HTML et repousser le CSS à l’année de Terminale ? Pourquoi pas, si tout le monde avance à la même vitesse. Entrecouper cette looooongue séquence avec des séances plus « fun », du genre films ou débats ? J’y pense aussi.

Mais avant cela, ce jeudi 18 octobre, on parlera de la recherche avancée sur Google (on verra ce qu’il restera du cours général en TPE), de la création d’alertes toujours avec Google (ou comment aborder gentiment l’un des gros projets de l’année de terminale qui nécessitera une grande veille documentaire), des bulles de filtres (parce que c’est joli les bulles).

Allez, à la prochaine, si j’y pense :)

 

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